Partie 5

Partie 5
Mais il finit par se relever. Parce que l'instinct de survit refaisait surface. Il essuya toutes ses larmes. Et de nouveau, il se trouva pathétique. Il n'avait plus personne sur qui défouler toutes ses désillusions. Et il devait s'avouer que c'était à lui-même qu'il s'en voulait. Il ne savait plus trop de quoi exactement.

Son regard croisa son reflet dans le miroir. Misérable. Ce fut la première pensée qui le traversa en se voyant. Ses cernes ressortaient, son maquillage avait coulé par flot, ses yeux étaient gonflés. Il soupira fortement. Ça ne lui allait pas franchement de passer d'une émotion à l'autre en si peu de temps...Il sortit, d'une main tremblante, sa trousse de maquillage qu'il n'avait pas pris la peine d'enlever de son sac la veille.

Il avait vaguement l'impression de n'être qu'acteur de la scène. Les traces de noir qui s'effacent, des traits fins qui se remettent autour de ses yeux. Il regagna son enveloppe vide. Il n'était pas prêt, pas encore, à s'en séparer. La seule question était combien de temps encore allait-il devoir en être dépendant?

Il jeta ses cotons sales dans une poubelle, prit une légère inspiration, referma son visage, et sortit de la pièce...témoin muette de sa faiblesse.

Les couloirs semblaient défiler autour de lui. Il ne voyait plus ni leurs formes, ni leurs couleurs. Ses jambes le menaient elles-mêmes vers sa première salle de cours. Il entra à l'intérieur, sans se demander s'il était en retard ou non. Sans chercher à savoir s'il devait toquer.

Le silence fut la seule réponse qu'il reçut à son entrée imprévue...il dut relever les yeux, affronter le regard outré de son professeur, ceux surpris des autres élèves. Il ne s'était jamais fait remarqué. Il était toujours arrivé en même temps que tout le monde, s'était toujours assis dans un petit coin, que tout le monde dénigrait parce qu'il était trop isolé...Il se demanda un instant si certains d'entres eux ne découvraient pas à l'instant sa présence dans leur classe...

-Monsieur Niedermand, la moindre des politesses quand on est en retard, c'est de s'excuser...gronda l'homme derrière son bureau.

Il ne put retenir un sourire. Comme si ça avait été le seule en retard ce jour-là...

-Je m'excuse monsieur, dit-il d'une voix morne.

Comment aurait-il pu mettre un tant soit peu plus de vie dans ses propos alors qu'il avait l'impression de ne plus vivre du tout ?

-Et pourrions-nous avoir l'honneur de savoir où vous étiez ?

Il soupira longuement. Il n'avait pas pu s'en empêcher, c'était plus fort que lui. Il n'avait pas envie de parler. Pour parler il fallait pouvoir réfléchir. Pour réfléchir il fallait pouvoir utiliser son système cérébral. Pour l'utiliser il aurait fallu qu'il le réveille. Et qu'il réveille ses nerfs par la même occasion. Ce complexe qui servait à produire tout ce qui le tuait à cet instant...Douleur, Tristesse...Autant tout laisser dans l'état où c'était...

-J'étais au toilettes monsieur...dit-il, las.

Il n'attendit pas la réponse de son professeur, se dirigea vers sa place habituelle, posa son sac à terre, s'assit sur la chaise vide. Il n'aimait pas les regards pointés sur lui. Il n'aimait pas qu'on le remarque, il ne le voulait plus. Il aurait tellement voulu, à cet instant, être encore parfaitement transparent. De toutes façons, il l'avait toujours été...

Et cette vérité, trop cruelle, lui serra de nouveau le c½ur. Oui, il était toujours passé totalement inaperçu. Pourtant, il avait essayé, de se faire remarquer, il avait changé de style, progressivement...Il était devenu quelqu'un qu'on ne pouvait pas manquer. Mais les années de solitude avait consumé son pouvoir de socialisation. Il faisait peur, il en était conscient...

Il tourna les yeux, au préalable fixés sur le tableau noir. Ils se posèrent sur la fenêtre, comme ils en avaient l'habitude. Son regard sombre se posa sur le dehors. Ça faisait longtemps qu'il ne l'avait pas vu si sombre...à bien y réfléchir, il n'avais jamais été si effrayant...

Il s'en voulait tellement de ne pas pouvoir faire autrement que de réfléchir. Mais tellement émotions de sentiments se pressaient au fond de lui...Il n'avait jamais été si...si fragile, c'était le mot. Il ressentait trop de choses, beaucoup trop de choses. Il n'arrivait même pas à leur donner à toutes un nom. Ce qu'il savait, c'était que ça tournoyait, dans son ventre...Il avait envie de vomir. Il avait mal à la tête, vraiment très mal à la tête...Ses yeux se fermaient tout seul, ses membres lui paraissaient incroyablement lourds...

Il était plus à fleur de peau qu'il ne l'avait jamais été. Et le fait qu'il n'avait rien mangé, ni rien dormi n'arrangeait pas les choses. Il faisait pitié. Il se faisait même pitié à lui-même. Il s'imagina un instant, mais dut se trouver encore plus misérable qu'il ne le craignait car il changea vite de pensée...

Ses yeux n'avaient pas quitté la fenêtre. Ils guettaient sans le voir un signe, quelque chose...Tout, absolument tout ce qu'il voyait, les ombres des arbres morts, les voitures qui déambulaient tristement, comme perdues, les maisons qu'il s'élevaient là, sans qu'on ne sut ni pourquoi ni comment, grisant encore plus le paysage morne, les rares passants qui se pressaient à cause du froid, et même jusqu'à la lumière du soleil...Tout semblait plus terne, plus gris, plus morne, plus mort que toutes les autres fois...

Son esprit divaguait dans de sombres songes. Il savait, et la tempête qui le ravageait intérieurement en était une très bonne preuve, qu'il devrait, tôt ou tard, se résoudre à se regarder en face. Analyser, voir, essayer de prendre du recul, essayer de comprendre, pour enfin pouvoir oublier...

Il soupira doucement, ses yeux se fermant alors qu'il posait sa tête entre ses mains...il avait envie de dormir...Tellement envie de dormir...Et de pleurer aussi. Mais qu'est-ce qu'il pouvait être ridicule. Il n'avait pas suffisamment pleuré non ? C'était un mec merdre ! Et là, il jouait la tapette pleurnicheuse ? Ah non hein...IL en était hors de question. Il avait déjà perdu la plus grande partie de sa dignité, de sa fierté, de sa virilité, de son orgueil...ce n'était pas pour en plus se mettre à pleurer devant toute une classe...Toute une classe dont il n'avait vraiment rien à foutre d'ailleurs...

Il ressortit sa tête, de ses mains, frotta avec précaution ses yeux fatigués pour ne pas enlever son maquillage et regarda encore une fois dehors.

Il devait s'y réhabituer...Il devait s'habituer à tout voir si sombre. Comme il avait toujours connu le monde. De son point de vue, tout avait toujours été ainsi. Son c½ur battait plus rapidement dans sa poitrine...Il essayait vainement de se souvenir de la vision qu'il en avait la veille encore, à la même heure.

Mais ça lui faisait tellement mal...Oh que oui il en avait mal...Il se pinça violemment la lèvre...Bien sur qu'il souffrait...

Parce que oui, il l'avait vu rayonner, ce monde de merde ! Oui, il avait vu les rayons du soleil éclairer toute la ville ! Oui il avait vu l'herbe des petits bosquets se regorger de lumière !

Oui, putain, oui il avait été heureux...

Il retint comme il put les larmes de monter plus haut que sa gorge, là où elles semblaient être bloquées...

Oui il avait été heureux. Et c'était bien ça le problème. Il avait été heureux. Il ne l'était plus. Et maintenant, maintenant que tout son être s'y était habitué, maintenant il crevait que tout soit parti.

Absolument tout...

Ses sourires, parce que ce connard avait même réussi à le faire sourire, sa bonne humeur, sa joie de vivre, ses rires, sa confiance...Tout avait disparu. Il ne restait que lui. Lui, seul.

Il se replia sur lui-même, sans même s'en rendre compte. Il les sentait toujours, au fond de lui. Touts ces sentiments. Quoi qu'est-ce qu'il y avait hein ? Dans un sourire ironique destiné à tout le monde et personne à la fois, il commença à les énumérer...Comme pour se prouver encore plus à lui-même qu'il était complètement ridicule...il n'avait jamais eu une si piteuse opinion de lui-même...

Alors on trouvait quoi...

Déception....

Il se mordit violemment la lèvre, fermant avec force les yeux. Ça faisait mal. Déception. Déçu de...déçu de lui-même. Déçu de voir la détresse dans laquelle il plongeait. Déçu de sa faiblesse. Déçu de sa naïveté....

Désillusion

Dans le même genre mais encore plus douloureuse...parce que la désillusion signifie perte totale d'espoir. Et il y avait tellement cru...

Colère

Mais si peu.

Tristesse

Celle-là, il commençait déjà à l'apprivoiser...ils allaient sûrement faire un long bout de chemin ensemble alors...

Culpabilité

Aie, celui-là faisait mal. Il lui suffisait de se souvenir du regard perdu du blond pour qu'elle surgisse de nulle part, le transperçant de ses griffes tortueuses...Et elle n'était provoqués qu'à cause de ce putain de sentiment de merde...celui qui était la cause de tous les autres...

Amour...


Il rouvrit brusquement les yeux. Des yeux qu'il n'avait pu s'empêcher d'emplir de larmes. Avec désespoir, ils se posèrent encore et encore et encore une fois sur la seule ouverture de la pièce, dirigée vers ce dehors...Pourquoi est-ce que tout redevenait noir hein ?

Non ce n'était pas ça la véritable question. Parce que tout ne redevenait pas noir comme il en avait l'habitude. C'était encore pire. C'était encore plus sombre qu'avant qu'il ne connaisse le bonheur...

Parce que Tom était parti...Et il avait emmené avec lui tout son espoir... Plus aucun espoir...Plus rien...Et maintenant, eu fond de lui, autre chose grondait, autre chose de très fort...

Peur...


_____________________________

Juste merci à vous toutes..
(l)

# Posté le jeudi 17 avril 2008 08:46

Partie 6

Partie 6
Il sursauta violemment. Tout comme la totalité des autres élèves de sa classe. La porte avait été ouverte à la volée et les battants s'étaient fracassés contre le mur dans un bruit démentiel. Dans l'ouverture, se tenait un homme d'une cinquantaine d'années, mais que les années en tant qu'enseignant en donnaient dix de plus...et dont le visage exprimait clairement tout le désespoir d'un homme qui a cru que tout pouvait changer, qui a cru qu'il pouvait faire quelque chose de bien, qui n'avait pas voulu écouter tous ces penseurs qui disaient la cause perdue...Le visage d'un homme qui lui aussi avait cru de toutes ses forces en son rêve de justice, et à qui on venait d'apporter les preuves irréfutables de son échec...

Bill reconnut aisément le proviseur. Et il reconnu cette lueur dans ses yeux. Il la reconnu comme un membre d'un groupe secret reconnaîtrait un de ses confrères. Il avait vu la même quelques minutes seulement auparavant...en se regardant dans le miroir...

Et il le trouva pathétique...

-Tous les premières, rendez-vous dans cinq minutes en salle Hyvrier, et avisez-vous de ne pas être en retard...

Et il partit. Aussi vite qu'il était venu...Dans un courant d'air glacial qui terrifiait presque tout le monde...Lui n'avait pas peur, toujours assis sur sa chaise, regardant les élèves s'activer, de l'½il d'un spectateur indifférent. Il en avait tellement rien à foutre.

Il se leva tout de même, ramassant son sac au passage, le posant machinalement sur son épaule. Il soupira longuement avant de franchir la porte de la classe...Il suivit de loin le flot humain. Il entendit tout de même les murmures, les rumeurs, les souffles que l'on dit suffisamment fort pour que tout le monde entende, mais suffisamment doucement pour que personne ne se sente autorisé à le faire.

-Je suis sure que c'est pour l'histoire des photos avec Tom et Nina
-Ouais moi aussi, il parait qu'elle a appelé sa mère dix secondes après qu'elle les ait vues...
-Bah en même temps, tout le monde sait que c'est une salope qui baise à droite à gauche et tout le monde savait qu'elle voulait se faire Tom alors...
-Ouais d'ailleurs il a mis le temps avant de se décider hein ?
-C'est clair ! Mais ça faisait longtemps qu'on l'avait pas revu avec quelqu'un...
-Il voulait peut-être attendre d'être vraiment en manque avant de se faire une pute ?

Il les entendit glousser. Et ses poings se serrèrent sans qu'il ne puisse faire autrement. Elles le répugnaient autant qu'il était avide de leurs paroles. Et elles n'étaient que quatre parmi tant d'autre...Enfonçant complètement une de leurs amies pendant qu'elles étaient ensembles, profitant du fait que ce ne soit pas elles qui soient cette fois en dehors du groupe...Hypocrisie, égoïsme...Comment on appelait ça déjà ? Le lycée non ? Il retint un rictus méprisant.

-Nan mais sincèrement, je vois pas de quoi elle se plaint...Elle a eu ce qu'elle voulait et tout le monde à la preuve qu'elle a bien baisé, c'est tout ! Moi j'paris que ça vient d'elle les photos, qui d'autre aurait pu savoir hein ?
-Ouais mais quand même, c'est assez humiliant...
-Pas pour elle ! Et pis ça augmente sa cote de popularité ! Tout le monde ne parle plus que d'elle maintenant, ça l'arrange !
-Ouais t'as raison...Le plus dur ça doit être pour Tom !
-Nan c'est un mec...c'est toujours une fierté pour un mec de se serrer un fille...Conclut-elle finalement, oubliant sûrement pour un instant que ces paroles dans la bouche d'un garçon auraient parues des plus vulgaires et irrespectueuses...

Heureusement, ils étaient arrivés...La salle Hyvrier était une grande salle de conférence, avec une estrade au centre, en bas, et les fauteuils rouges alignés en gradins.

Bill s'assis lâchement sur un fauteuil, dans un coin, seul. Pas comme si c'était nouveau. Il remarqua que son pouls était accéléré, que ses poings n'étaient toujours pas desserrés, et que sa mâchoire était crispée...Là, là maintenant, il était vraiment énervé.

Il prit de profondes inspirations. Il devait se calmer. Ça ne devait plus l'atteindre. Rien ne devait plus l'atteindre...ça en particulier. Et ça ne l'atteignait pas...La technique de l'auto lavage de cerveau marcha, et toute la pression s'évacua à sa forte expiration suivante...Ne laissant en lui qu'un vide profond...et c'était tellement mieux ainsi...

-Bien !

Le silence se fit automatiquement dans la salle. Et Bill remarqua que sur l'estrade se tenait leur proviseur. Il aurait presque eu envie de lui demander s'il ne voulait pas monter avec lui le club des romantiques désillusionnés, mais trouva que son humour noir paraissait beaucoup trop cynique pour le moment...

-Vous savez tous pourquoi j'ai demandé cette réunion exceptionnelle. Vous savez tous ce qui s'est passé ce matin, quand nous sommes arrivés...

Bill ne voulut pas en entendre plus, jugeant les paroles beaucoup trop évasives pour paraître sincères...a quoi cette réunion servirait-elle ? Il n'en savait rien. Il ne put seulement qu'entendre le reste de la conférence...D'entendre l'indignation de l'équipe enseignante, le ton outré dont-ils faisaient tous preuve, l'horreur qui semblait se refléter sur leurs visages...Et alors ? Alors rien.

Parce que lui savait. Il savait que ce que l'homme essayait de leur faire passer implicitement, c'était que cette fois, il n'avait plus d'espoir. Que la barre de sa détermination avait été franchie. Qu'il était déçu de la jeunesse. Qu'il s'excusait à mots couverts de n'avoir pas su les aider. Il était en échec et ne voyait plus comment éviter le mat. Et Bill s'en voulut un instant d'être le fou qui mettait le roi en déficit par un coup en diagonale...

Mais voir qu'il n'était pas le seul à s'être fait bouffer par ses idéaux était une sorte de réconfort malsain. Autant un homme heureux cherche par tous les moyens à rendre les autres heureux aussi, pour pouvoir partager sa joie. Autant un homme malheureux se délecte dans un coin honteux et sombre de savoir que d'autres en sont au même point que lui.

-Je demande à l'auteur de cette horreur, et le mot n'est pas faible, de se dénoncer. D'avoir le courage de dire que c'est lui qui a osé violer l'intimité de deux adolescents de son age. De préserver le peu d'honneur qui doit lui rester...

Les mots volèrent. Et tous les visages se tournèrent vers tout le monde. Avec cette expression hypocrite d'acquiescement, alors que tout ce qu'ils voulaient, au fond, c'était savoir qui c'était. Un faux héro. Les avis étaient sûrement partagés. Mais personne ne tourna son regard vers lui. Il avait été, il était, et il resterait définitivement transparent...Il ne savait pas trop s'il avait envie qu'on le découvre ou pas, que tout le monde soit au courant ou pas.

Il ne savait plus grand-chose à vrai dire. Ce qui était fait était fait... A quoi bon se dénoncer ?

Mais le proviseur avait choisi les bons termes. Il sourit ironiquement. Ils en étaient au même point tous les deux. Il connaissait ses faiblesses...Quoique, ce ne devait pas être si dur de les trouver... Garder l'honneur qui lui restait ? Parce qu'il lui en restait vraiment ? Pour en arriver là, il lui restait encore un tant soit peu de dignité, de fierté et de confiance en lui peut-être ? Oh que non...Et il était bien placé pour le savoir.

Mais dans ces cas là, pourquoi ne pas le faire ? Pourquoi rester dans son coin ? Et s'il avait envie soudainement de hurler au monde que lui aussi existait, que lui aussi éprouvait des sentiments, que son putain de proviseur de merde n'était pas le seul sur terre à avoir vu ses derniers espoirs sombrer dans un abîme profond, entraînant avec eux ce qui restait de lui ? Et si, pour une fois, il avait envie que les gens se retournent sur son passage ? Et si pour une fois, il avait envie d'être quelqu'un ?

Et si il avait envie de montrer à tout le monde que même sans lui il était quelqu'un ? Peut-être qu'en fait, il avait juste besoin de se le prouver à lui-même. Peut-être qu'il avait besoin d'une preuve, qui lui montre qu'il pouvait toujours espérer vivre un jour...

Ou alors c'était la culpabilité. Ou bien l'envie de voir s'il était aussi faible qu'il le prétendait. Ou bien c'était son arrivé dans la salle, près de leur supérieur, qui avait provoqué un grand murmure dans l'assemblée de tous les étudiant présents. Cette envie de lui prouver à lui. De lui montrer qu'il valait encore quelque chose. De lui faire regretter d'une façon ou d'une autre de l'avoir laisser s'envoler...

Mais il ne savait pas voler seul. Et il s'était fait très mal à l'atterrissage...

Peut-être que c'était un grand mélange de tout cela qui agit sur lui à ce moment là. Ou peut-être qu'il était déjà complètement fou...

Trop de questions sans réponses. Trop de sentiments trop forts. Trop peu de personnes dans cette salle pour que son regard ne dévie un seul instant de ses yeux à lui.

Et ce fut certainement là, dans ses prunelles noisettes qu'il distinguait mal à cause de la distance, dans ce regard là qui semblait lui hurler silencieusement de ne pas le faire...Oui ce fut certainement là qu'il puisa le courage nécessaire. Celui qui l'aida à se lever...

C'est dans ce regard qu'il chassa ses derniers doutes, ses dernières questions.

Et il se leva, prêt pour la première fois de sa vie à affronter le monde envers et contre tous. Il sentit ce trop plein d'attention, celui qu'il avait parfois tant recherché, et qu'il recevait à présent en plein fouet. Mais il ne s'en formalisa pas, il ne pouvait plus rien faire d'autre que de descendre les marches, guidé par une force bien supérieure à celle qui l'habitait.

Il plongea de nouveau dans les yeux de Tom. De celui qu'il aimait. Il aurait pu tout lui pardonner à cet instant, tout. Parce qu'il s'était rendu compte qu'il n'avait plus envie d'exister que quand il était regardé par ces yeux. Et il se noya quand il les vit s'emplir de larmes. Et il crut mourir quand il vit qu'ils étaient rouges de tristesse. Il ne vit aucune déception. Il ne vit aucune rancune. Et ça lui fit peut-être encore plus mal.

Il aurait eu envie de lui hurler qu'il avait le droit de le détester, qu'il avait le droit de le haïr. Mais il n'y parvint même pas. Sûrement parce qu'il n'était pas assez suicidaire pour ça.

Et il les entendit. Toutes ses excuses informulées Tous ses regrets inavoués. Et il s'autorisa à les croire, l'espace d'un instant. Juste pour se donner la force suffisante pour enfin arriver devant l'estrade.

Il se rendit compte qu'il tremblait quand il vit ses dernières prières de dissuasion, ses prières inaudibles qui semblaient vouloir le raisonner, lui dire de s'asseoir. Mais il fallait qu'il le fasse. Il voulait lui montrer qu'il était peut-être quelqu'un de bien au fond. Alors il détourna les yeux, passant de ceux dans lesquels il était victime à ceux dans lesquels il était coupable, du même crime. Il ne baissa pas la tête.

Et sa voix était ferme quand elle s'éleva dans les airs, surprenant tout le monde même lui, avouant un crime où il n'était pas le seul en cause.

.-C'était moi.

Et au final qu'importe s'il l'avait fait pour l'honneur, pour la dignité, pour tuer l'indifférence. Qu'importe si c'était pour lui ou pour un autre. Qu'importe si personne ne comprenait. Qu'importe de ce qui se passerait la minute d'après.

Qu'importe puisqu'il l'entendit, le sanglot étouffé du garçon blond, pas loin de lui, qui avait baissé inutilement la tête pour se subtiliser aux quelques regards de ces autres qu'il haïssait pour avoir fait de lui ce qu'il était devenu.

Oui qu'importe au fond puisque cette petite flamme, infime soit-elle, était revenue en lui.

Qu'importe puisque, et malgré lui, il espérait de nouveau...

______________________

Elle aura mis du temps à arriver mais la voilà tout de même...^^
J'avais envie d'espoir...
J'espère que ça vous plaira ! =)
Énormes bisous à toutes, et merci de lire ! <3

# Posté le lundi 12 mai 2008 12:02

Partie 7

Partie 7
Partie 7

Leurs yeux ne se lâchèrent plus. Même si à cet instant, il n'était plus dans la même pièce que lui, ses yeux étaient toujours présents dans son esprit, encrés dans ses pensées. Et c'était la seule image à laquelle il prêtait un minimum d'attention. Le reste semblait tellement fade, terne, monotone. Alors que ses yeux...Ses yeux avaient une telle capacité de changement qu'il ne s'en lasserait jamais, il le savait. Ses yeux brillaient d'un éclat qu'il ne retrouverait jamais ailleurs, il se savait aussi. Ses yeux ne lui appartiendraient plus jamais, encore une chose qu'il savait.

Ce qu'il ne savait pas, c'était s'ils lui avaient appartenu un jour...

Et c'était cette question qu'il évitait à tout prix. Il avait tellement peur de la réponse...

- Bill Niedermand...énonça une voix grave et cruellement sérieuse. Bill Niedermand...

Là, il était vraiment sur qu'on s'adressait à lui au moins, pensa-t-il avec une pointe d'ironie. Il aurait bien eu envie de rire, mais il aurait paru encore plus fou qu'il ne le paraissait à cet instant, et vu le regard que lui lançait le directeur, ce n'était pas peu dire...

Apparemment, ledit directeur ne savait pas par où commencer. Et Bill Niedermand, parce que quand même, il avait réussi à retenir son prénom, se décida que dans sa générosité gratuite et bien connue, il allait l'aider...

Il commença tout de même par pousser un profond soupire. En fait, il se demandait combien de temps encore il allait tenir dans cette petite salle, assis là, avec cet homme si semblable à lui-même qu'il agissait encore mieux qu'un miroir. Ses nerfs étaient à vif. Ils allaient céder, à un moment ou à un autre. Il avait besoin de rire, de pleurer, de se taire, de hurler, de courir, de s'effondrer, et peut-être même de mourir...Il était en état d'attente, encore et toujours. Comme une bombe prête à exploser à tout moment. Sauf que là, il ne savait pas qui allait appuyer sur le détonateur. Ni quant le bouton rouge serait enclenché. Il se rendait compte qu'il voulait juste que tout se finisse enfin...Il avait tellement mal à la tête...

En fait...il avait juste besoin qu'on l'aide à vivre...Et ce n'était pas devant ce regard accusateur qu'il y arriverait...

- Vous allez me dire quoi exactement ? Dit-il enfin, au bout d'un long moment.

La question l'intriguait vraiment. Qu'est-ce qu'il allait bien pouvoir lui dire ? À part Monsieur Niedermand, c'était vraiment très méchant ce que vous avez fait là...Mais c'était trop tard pour le laisser répondre de toutes façons. Une parole avait été prononcée. Il ne pouvait plus contrôler le flot de mots qui voulaient tant sortir de sa bouche. La minuterie arrivait à termes...

- Vous allez me dire que j'ai fait quelque chose de très mal n'est-ce pas ?

Sa voix était tellement calme. Sûrement parce qu'il crevait d'envie de lui crier tout ce qu'il avait sur le c½ur, en même temps qu'il avait envie de fondre en larmes. Il était tellement fatigué...il soupira encore une fois.

- Pourquoi ? Pourquoi c'était si mal que ça ? En quoi ça va leur faire du mal ? Pourquoi eux ils ont le droit d'être des victimes...Pourquoi...

Sa voix se brisa. Il avait terriblement envie d'une cigarette. Il avait besoin de calmer ses nerfs sur quelque chose.

Et ce quelque chose arriva de lui-même...

Quelqu'un toqua à la porte. Et sans attendre l'autorisation d'entrer ou non, il entra. Enfin ils entrèrent plutôt.

Bill tourna la tête presque avec fureur vers eux, frustré. Ses mains tremblaient. Qui était le connard qui venait le déranger ?

- Excusez nous monsieur le directeur, mais j'ai pensé que le mieux, était qu'il s'excuse devant ces deux pauvres camarades...prononça la voix de son professeur de français.

Il sentit pertinemment le mépris qui perçait dans son ton, surtout quand elle prononça le « il » ...Il se mordit violemment la lèvre. Il était coupable. Et eux alors ? Et lui alors ? La porte se referma aussi vite qu'elle s'était ouverte, dans un grand claquement. La seule différence fut que deux adolescents en plus se tenaient dans la pièce.

Et Bill ne voulait absolument pas croiser leurs regards. Enfin surtout pas celui de...

Il le sentait. Il sentait qu'il était dans la même pièce. Pas besoin de la vue pour le savoir. C'était déjà assez difficile rien qu'avec les autres sens...Il en tremblait déjà assez largement...Non, pour le moment, il allait enfin pouvoir exploser. C'était tout chaud, tout bouillant en lui. Son regard se fit de braise. Derniers roulements de tambour...Il n'en pouvait plus...Boom...

- Ooooooh, les pauvres petits que voilà, mais asseyez vous, on sera mieux pour que je...m'excuse platement j'imagine ? Lança-t-il, d'une voix pleine d'ironie.
- Monsieur Niedermand je ne...commença le directeur.
- Oh fermez-là monsieur, ça vaudra mieux je pense...dit-il, agacé.

Il décroisa ses jambes d'un geste désinvolte, se releva d'un bond gracieux, et sourit aux deux jeunes gens, sans vraiment les regarder...Mais son sourire ressemblait plus à une grimace malfaisante qu'à un quelconque geste d'apaisement...

- Monsieur Niedermand ! Vous vous prenez pour qui à...encore une fois, il n'eut pas le temps de finir.
- Et vous, vous vous prenez pour qui à vouloir me faire la morale hein ?

Enfin, le silence tomba dans la pièce. C'était pas trop tôt. Silence. Silence. Silence...Il y a des silence qui sont beaucoup plus lourds et durs que des centaines de mots haineux...

- Ca suffit Monsieur Niedermand, ça suffit...asseyez-vous tous. Nous avons un problème à régler, et on va le faire en gens civilisés...

Mais oui, mais oui, bien sur, il y penserait. En attendant, il prit une profonde inspiration et, au plus grand étonnement du supérieur, il fit ce qu'on lui demandait, à savoir, s'asseoir.

- Bien, dit le vieil homme, quand Tom et sa pute se furent assis. Maintenant, Monsieur Niedermand, je pense que vous nous devez des explications...

Il releva la tête, ses sourcils plus que surélevés. Il devait des explications ?! Vraiment ? Lui ?

- Et vous voulez que je vous explique quoi, au juste ? Demanda-t-il, mi-irrité mi-étonné.

Les bras du proviseurs se croisèrent sur son bureau. Et Bill sut exactement la question qu'il aurait voulu poser. Quelle à été mon erreur...dites le moi. Dites moi où j'ai pêché pour qu'on en arrive à ce stade aujourd'hui...Mais celle-ci, d'interrogation, personne ne pouvait y répondre....C'était le tourment personnel de ce cher vieux directeur...Celui qui le hanterait toute sa vie, et qui inscrirait en gros, gras, rouge, encadré le mot « Echec » sur le bilan de sa vie professionnelle...

- Je pense que vos camarades ici présents ont le droit de savoir pourquoi vous avez violé leur intimité...

Il se retint d'exploser de rire...dit comme ça forcément...Il avait de plus en plus l'impression d'être une énorme accumulation d'énergie. Et la seconde d'après, d'être totalement anéantis...Fragile...Il l'était tellement...

- Je peux poser une question ? C'est une question stupide bien sure, et vous allez me prendre pour un cas encore plus désespéré que ce que vous le pensez déjà...Mais...J'aimerais savoir...vous parler de violer l'intimité de quelqu'un...est-ce qu'on peut violer le c½ur de quelqu'un ?

Le silence qui suivit sa petite déclaration se fit incroyablement lourd, et chargés de sous-entendus. Il l'avait senti. Il l'avait senti se tendre, pas loin de lui. Et à cet instant, il aurait aimé lui faire tellement de mal qu'heureusement que le proviseur était là finalement. Il voulait le faire souffrir...Tellement...

Le griffer, le mordre, le gifler, le frapper, le transpercer de milliers et de milliers de lames blanches chauffées à blanc...Lui balancer les pires insanités à la gueule, le regarder se décomposer, se recroqueviller sur lui-même, s'enfermer dans une sphères de tourments et...

Et tellement de choses encore qu'il n'arrivait pas à en faire une liste. Il était pathétique. Il le pensait réellement. Il n'avait jamais eu une si misérable idée de lui-même. Alors c'était sur lui que ça allait retomber...Il le voulait.

C'est pour ça qu'il préféra ne pas croiser son regard. Parce qu'il savait, au fond. Il savait que si jamais il rencontrait ses yeux...là c'était l'autre partie de lui qui allait s'exprimer...et ce serait encore plus déplorable...

Et le silence durait toujours...

- Tu peux m'expliquer le rapport ? Et pourquoi tu poses cette question ? Mais merde, on sait même pas ton nom et tu te permets de faire...ça ! s'indigna soudainement la pré-prostitué sur son siège, assez mal à l'aise...et surtout terriblement décontenancée. C'était elle la victime dans l'histoire...Quand même!

Bill dut faire preuve d'un sang froid surhumain pour contrôler la pulsion meurtrière qui le transperça. Cette fille. Il la haïssait. Il ne pouvait même pas dire à quel point. Elle était la preuve en image de son pathétisme, de sa naïveté, de sa candeur, de son incroyable connerie...

Il soupira longuement, avant de répondre, l'air totalement blasé.

- Je vois pas ce que ça change pour toi, tout le lycée t'es passée dessus, alors un peu de plus, un peu de moins...
- Monsieur Nie...
- Et pour ton information, je m'appelle Bill...

Le ton était froid. Très froid. Tellement glacial que leur proviseur oublia de le sermonner. Il avait tourné la tête. Il la regardait dans les yeux, droit dans les yeux. Peut-être parce que les yeux sont le reflet de l'âme...

Il aurait voulu la tuer d'un simple regard. Il n'avait jamais tant eu envie de briser quelqu'un...Même...même l'autre connard à coté il n'avait pas aussi envie de le buter qu'elle. C'était de sa faute. Peut-être qu'en partie, peut-être qu'elle n'était pas au courant, sûrement même, mais elle au moins il arrivait à la haïr en la regardant en face...

- Mais merde, qu'est-ce qu'on t'a fait à la fin ? Dit la voix tremblotante, à coté de lui.

Cette fois-ci, elle avait peur. Il le sentait. Il l'entendait. Et il s'en contrefoutait.

Il était bien trop perturbé par sa question...

Qu'est-ce qu'ils lui avaient fait...Ils l'avaient brisé. C'est-à-dire ? Pourquoi ? En quoi ? Ils avaient couché ensemble. Ils avaient fait l'amour. Ils avaient baisé, qu'importe le terme, ça revenait au même. Ils avaient passé la nuit ensemble alors que le blond lui appartenait. Alors qu'il était à lui.

Jalousie alors ?

Tellement pas. Non, ce qui lui faisait mal, c'était autre chose. C'était le fait que lui appartenait à Tom, corps et âme. Non, pire encore...Il lui appartenait corps, c½ur, et âme. Et son putain de c½ur, c' était Tom qui l'avait pris. Qui était allé le chercher. Et il n'avait rien pu faire. Il ne l'avait même pas vu venir, il avait juste constaté qu'il en avait pris le contrôle, qu'il lui avait volé. Et la veille il s'était tiré avec, comme un salopard dans la nuit.

Et maintenant, Bill essayait tant bien que mal de retrouver les morceaux qu'il avait semé dans sa fuite.

Mais pourquoi lui merde ? Pourquoi il avait fallu qu'il s'intéresse à lui ? Pourquoi il n'avait pas juste joué avec son corps comme un gamin avec son nouveau camion de pompier ? Pourquoi il avait pris le temps de le lire la notice en long en large et en travers, dans toutes les langues, jusqu'à savoir exactement comment il fonctionnait ? Pourquoi il avait jeté son dévolu sur lui ? Pourquoi merde pourquoi ? Pourquoi il était allé le chercher au fin fond du magasin, sur une étagère tellement poussiéreuse que personne ne la voyait jamais ? Pourquoi si c'était par finir par le jeter pour prendre le nouveau truc à la mode, posé bien au centre de la vitrine, bien à la vue de tout le monde ?

Il ferma violemment les yeux, qui commençaient sérieusement à briller. Ah non hein ? Il en était hors de question ! Pleurer ? Pleurer maintenant ? Devant eux ? Devant lui ?

- Et en plus tu trouves même pas les couilles de répondre, mais t'es vraiment qu'un...
- La ferme Nina !

Il sursauta presque. Il avait parlé. Il avait entendu sa voix...Et il en eu un putain de frisson...Sa voix...

Il ne put pas rouvrir les yeux. Et encore une fois des centaines d'images défilèrent devant ses yeux. Et il ne put rien faire d'autres que de les revoir. Encore, et encore. Encore et toujours.

La première fois que cette voix s'adressa à lui, alors qu'il galérait comme un malade pour ranger ses cahiers dans son casier...Il lui avait proposé son aide, il en avait lâché tout ce qu'il tenait. Et c'était à ce moment là qu'il avait entendu son rire pour la première fois également, alors qu'ils se baissaient, au même moment. Et quand enfin il avait trouvé le courage pour relever les yeux, il avait fait la connaissance pour la première fois de son regard...Et à la seconde où il croisa ses prunelles chocolatés, il sut qu'il était tombé amoureux...La seconde d'après, il était parti en courant derrière sa grande carapace, recroquevillé sur son étagère, caché sous sa couche de protection... Alors c'était autre chose qui était venu le rechercher, un sourire. Un immense sourire. Un sourire éblouissant. Un sourire qui avait engendré le sien, et c'était quelque chose d'inconcevable pour lui.

Un sourire qui lui manquait atrocement.

- T-Tom ? Mais merde c'est quoi encore cette histoire ? Tu le défends maintenant ?!

Encore un silence. Sauf que cette fois, ce n'était pas lui qui le contrôlait. Là, il ne pouvait tout simplement plus ne serait-ce qu'ouvrir la bouche. Et même s'il avait réussi, ses cordes vocales n'auraient certainement pas pou faire autre chose que de pousser une longue plainte douloureuse.

- Allons allons...Calmez-vous...Mais maintenant, j'aimerai que quelqu'un se décide enfin à me dire ce qu'il se passe, ce qu'il s'est passé, et pourquoi !

Le proviseur commençait à perdre patience, il l'entendait. Mais il ne savait absolument pas quoi dire pour autant. Il était toujours sous le choc. On avait foutu un grand coup de pied dans sa minuterie, et il ne savait plus si il devait s'arrêter, accélérer l'explosion, ou tout simplement disparaître...

Encore une fois, le silence s'étira, s'allongea, plongeant toute la pièce dans une atmosphère étouffante, pleine de secrets, de doutes, de culpabilité, de questions sans réponses...De tristesse, de regrets, de remords, de souffrance...

Immense silence glaciale, qui dressa entre les quatre personnes un immense mur insonore, les plongeant dans une solitude sans fin.

- Je n'ai rien fait de mal...murmura soudainement Bill, d'une voix beaucoup plus brisée qu'il aurait pu le croire.

Et voilà, à force de douter de l'attitude à avoir, à force de se déchirer lui-même, à force de ne plus être en accord avec lui-même, il allait finir par craquer...

Et il avait sa putain d'odeur qui arrivait à ses narines...

- Monsieur Niedermand...
- Non ! Y'a pas de Monsieur Niedermand qui tienne ! Merde j'en ai marre. Entre vous qui allez me faire payer votre nullité en tant que proviseur, l'autre pouf qui veut profiter au maximum d'être dans la peau de la victime pour une fois, et...et lui que j'arrive absolument pas à comprendre mais qu'est sûrement pire que vous deux réunis, je...je ne suis pas le plus méchant de cette salle...

Pourquoi sa voix voulait trembler à cette parole ? Heureusement, il lui restait suffisamment de volonté pour se contenir...Heureusement...

En attendant, il avait de nouveau plongé encore une fois la salle dans un très grand froid...

- Et si vous nous expliquiez enfin ce que l'on ne comprend pas...dit doucement la voix de leur proviseur...

Ça y'est, il recommençait à le respecter...Normal, il l'avait percé à jour très facilement.

- Vous parliez de c½ur tout à l'heure...Vous êtes amoureux de Nina ? Vous aviez une liaison peut-être ? Ou alors vous pensiez en avoir une ?

Il aurait pu en exploser de rire...

- Je pourrais comprendre, c'est une très jolie fille et...
- Et qui sait au moins compter jusqu'à dix, mais uniquement quand elle s'aide de ses doigts...merci mais j'ai un minimum d'esprit sensé...Quoique...

Il détourna les yeux. Il savait très bien ou cette conversation allait les mener. Et il ne savait pas ce s'il avait envie que ça arrive. Il avait vraiment très peur...vraiment. En fait, il était complètement sur les nerfs...

- On ne choisit pas de qui on s'éprend...

Il avait presque dit ça avec un sourire tendre. Mais allez vous faire foutre !

- Merci, je le sais très bien...
- Alors quoi ? Vous étiez jaloux de la popularité de Monsieur Kaulitz ? Vous vouli...

Mais cette fois-ci ce fut une autre personne qui le coupa...et Bill n'attendait que ça, qu'il parle...

- Ca suffit...

Voix lasse, résignée, triste...désespérée même. Les deux autres protagonistes tournèrent immédiatement leur tête vers lui. Mais le brun n'en eut pas la force.

- Bill...Bill était...

Il lui semblait que son coeur battait au rythme des syllabes que le blond émettaient. Il ferma les yeux. Toute la pression accumulée au cours de toute la journée semblait se décupler au fur et à mesure que le silence s'allongeait. Ses doigts se crispèrent lentement sur son jeans. Mais il fit son maximum pour garder la tête haute. Hors de question de paraître faible encore plus qu'il n'allait paraître ridicule dans les secondes qui allaient suivre, quoique dise Tom...

- Bill et moi étions ensemble. C'était mon petit ami...


________________________


VOilàààà...J'ai eds années lumières de retard, je le sais, et je m'en excuse...
J'espère que vous allez tout de même apprécier cette suite ! ( j'y ai passé un temps fou --'. Tant pis, pour une fois que c'est elle qui passe avant kaulitz-vs-love-vs-tief hein... ^^)

énorme Bisous à vous toutes, en espérant que quelques personnes pas trop pressées apssent encore par ici :p

A bientôt j'espère !

AH oui, et je me suis fait taguée par sweet-madness ! Bon, ça va pas être passionnant, je vous préviens !

Les règles :

- Chaque personne taguée doit écrire 7 choses à savoir sur elle.
- Les personnes taguées doivent écrire sur leur blog les Règles.
- La personne taguée doit taguer à son tour 7 personnes et les mettre sur son blog.
- Il faut préciser qui vous a tagué.
- Tu n'as pas le droit de taguer la personne qui t'a tagué.
- Tu ne peux pas être tagué plus de 7 fois
.



7 musiques que j'aime ( Les 7 premières qui me viennent à l'esprit )

- The River - Good Charlotte
- Minority - Green Day ( Toute une philosophie ^^)
- Lettre à Elise - Beethoven
- Hilf Mir Fliegen - Tokio Hotel
- Jeune et con - Saez
- I Just wanna Live - Good Charlotte
- Bring me To life - Evanescence ( En fait je la mets là parce que c'est la chanson qui m'a inspiré le premier chapitre de cette fic... )


7 choses que je dis souvent :

- Genre...
- Nan mais j'y crois pas !
- Tu m'soules.
- Moi aussi je t'aime !
- Putain...
- Don't worry, be Happy !
- J'aime pas quand y fait froid...


7 personnes que j'aime :

- Ma meilleure amie ! <3
- Mes deux p'tites soeurs quand elles sont gentilles (a)
- Ma mère, même si on se prend la tête assez souvent en ce moment
- Ma lolo, parce qu'elle s'est toujours pas lassée de moi...
- Mon pôpa !
- And Cons' la chieuse, pour sa personnalité parfois soulante, mais tellement attachante en même temps...


7 choses que j'aime faire :

- Dormir
- Flêmmarder
- Ecrire
- Lire ( de tout...)
- Rêver ( J'y passe pas mal de temps ^^ )
- Ecouter de la musique.
- Ecouter les autres...Parce qu'on en a tous besoin...


7 choses à savoir sur moi :

- J'ai 16 ans depuis deux ou trois semaines ( Encore plus petite que toi miss tagueuse ! )
- Je suis fan d'Anna Gavalda ( Je viens de finir "ensemble c'est tout"...Mieux vaut tard que jamais hein ? ^^)
- J'adore les mathématiques ( C'est vrai en plus... )
- J'ai une peur bleue de l'avenir, parce que j'ai eur de décevoir les gens qui croient en moi.
- J'aimerais devenir psychiatre
- Je suis très fidèle en amitié, et on peut facilement compter sur moi
- Je n'aime pas qu'on me mettre la pression, même si j'ai pas été gâtée de ce coté cette année...


7 choses que je veux faire avant de mourir :

- Vivre ! ( ça peut paraitre bidon, mais c'est mieux que de se lamenter )
- Avoir des enfants...( On ne meurt jamais réellement...)
- Conséquence de celle d'avant, trouver un mec gentll, qui sera amoureux de moi ( Je suis une rêveuse moi...)
- Être allée aux U.S.A, en Californie plus particulièrement... ( American dream... )
- Parler plusieurs langues couremment.
- Réussir à ne pas faire annuler un concert ( dur, dur... ^^)
- Dire à ma mère que j'écris...


7 victimes :

- Pardonnez moi, Mais je ne sais vraiment pas qui choisir...


EDIT : Sosso : Mdrrrrr. Ouais concert formidable, je l'ai dit déjà mais sur mon autre fic...( cherche tu trouveras le lien xD). J'suis contente de l'avoir fait avec toi p'tite soeur =).
Et...tu trouves vraiment que j'ai du talent ?? Tu peux pas savoir comment ça me fais plasir...
Evite de regarder à quelle heure j'ai écrit ça, tu serais capable de le dire à maman xD ( ça fait vraiment galine là non ? xD)
Bisous à toi ! A demain...

PS : Veut pas partir chez mamiiie sniff

EDIT : Suite bientôt, ne vous inquiétez pas, je suis toujours là tant que vous vous y êtes...

# Posté le lundi 07 juillet 2008 08:12

Modifié le mardi 23 septembre 2008 13:25

Partie 8

Partie 8


Le silence qui régna suite à ces propos fut le plus lourd, le plus long, et le plus douloureux que Bill eût jamais vécu. Il semblait s'étirer encore et encore, ne jamais vouloir finir. Silence chargé de paroles muettes. Non dits, secrets, surprise, ahurissement même...Juste en un silence. Et pourtant, Bill ne ressentait rien de tout cela.

Son silence à lui signifiait autre chose. Il n'était du qu'à son incapacité à parler. Son corps restait droit, mais il était recroquevillé sur lui-même à l'intérieur. Il paraissait juste indifférent, mais il était mourant en réalité. Il pleurait, bloqué dans sa couche interne, de nouveau complètement seul sur son étagère. Ça faisait noir, et sombre, et froid, et peur...

Bill était mon petit ami...Il était. Il était dans le sens il avait été. Plus que parfait, employé pour une action passée, entièrement finie, coupure avec le présent, et tout ce qui s'en suit. Action finie. Pour Tom, tout était vraiment, réellement, et définitivement fini...

C'en était trop. Il en avait marre de lui en vouloir. Tout ce qu'il voulait, c'était quelqu'un pour le sauver. Pour le réconforter. Pour lui dire qu'il n'était pas un grand méchant, qu'il n'avait pas entièrement tord, et surtout, qu'il arriverait à se relever un jour même si Tom ne l'aimait pas...

- Quoi ?!

Ce fut presque un cri. Un cri d'exaspération, mêlé a du dégoût. Il fit l'effet d'un coup de tonnerre pendant une journée calme. Un cri qui lui fit l'effet d'un tremplin. Il remonta brusquement à la surface et cru s'étouffer de la première bouffé d'oxygène qu'il inspira...

Il la toisa de toute sa haine. Elle s'était levée sous la surprise, et leur faisait face à tous les deux, debout...Pourtant, Bill la trouva incroyablement petite, mal faite, et misérable...

- C'est quoi que tu n'as pas compris dans la phrase Bill était mon petit ami ? Demanda-t-il ironiquement.

Il brûlait ses dernières ressources à jouer ainsi, il le savait. Mais c'était mieux que de se morfondre...La lourde musique était repartie, et il ne voulait pas louper ce dernier concert d'aveux. Même s'il n'était pas sûr de pouvoir tenir jusqu'à l'entracte dans cette fosse où l'air semblait si lourd...

Elle se retourna complètement vers lui, les yeux chargés d'incompréhensions. Il aurait pu en rire d'amusement, mais se contenta de lui envoyer un sourire compatissant...

- Ouais, je sais, ça fait un choc quand t'apprends que la personne que tu pensais être ton petit ami est en même temps celui d'un autre hein ? Susurra-t-il diaboliquement.

Il se faisait autant de mal qu'il lui en faisait à elle. Mais il n'avait pas trouvé d'autres moyens pour extérioriser sa douleur...

- Bill...soupira Tom...

Et Bill aurait pu en exploser en sanglots. Son c½ur recommença soudainement à battre, sans qu'il ne s'y attende, et sans rien pouvoir faire, il se tut. Son corps agissait malgré lui. Il resta immobile, attendant impatiemment la suite...Mais il avait dit son nom. Il s'adressait directement à lui....à lui...

- Je ne suis jamais sorti avec Nina...

Ça sonnait comme une justification , comme une preuve de son innocence. Mais ça sonnait trop comme la dernière chance d'un coupable pour le satisfaire...

- Nan...tu as juste couché avec elle ! Ironisa-t-il.

Il la regardait toujours elle, droit dans le yeux. Et il espérait de tout son c½ur qu'elle sente tout le mépris qu'il éprouvait à son regard.

- T'as de la chance, à toi il t'a pas fait le coup des grands promesses, des faux regards, et j'en passe et des meilleurs...je sais pas si c'est parce que t'es une fille facile ou pas, mais pour une fois, ça t'auras sauvé...

Sa voix était dure. Mais il perdait de l'assurance. Ça ne s'entendait pas encore, mais il le sentait. Bientôt, si il continuait, il s'effondrerait...

- Allons allons, calmons-nous tous...tenta le proviseur.

Là, Bill ne put se retenir de rire. C'était nerveux, sûrement...Ou alors c'était désespéré. Il commençait à se noyer, et si quelqu'un voulait bien lui envoyer la perche qui le sauverait...

- Excusez-moi mais...Vraiment...vous êtes pathétique...enfin bref, oui voyons, calmons nous...Donc ? Vous voulez qu'on parle de quoi avec calme et sérénité ?

Toujours un ton froid, tranchant, et incroyablement meurtrier. Il avait du mal à garder sa tête hors de l'eau...

- Monsieur Niedermand, je vous prie d'utiliser un autre ton avec moi s'il vous plait...et avant que vous ne répliquiez, si vous nous expliquiez cette histoire, dit-il d'une vois lasse...Mademoiselle Karrer, asseyez-vous, et calmez un peu vos émotions...

À sa grande surprise, tout le monde lui obéit. Mais personne ne parla pour autant. Pendant un long moment, Le blond tenta de croiser le regard du brun qui fit tout son possible pour ne pas le voir. Il ne voulait tout simplement pas en parler. Il se sentait suffisamment con. Pas la peine de crier au monde entier à quel point il était candide, et à quel point Tom était un connard.

- A quoi ça sert d'en parler maintenant puisque, comme l'a si bien dit tout à l'heure Tom, c'est fini...

Et voilà, il commençait déjà à faiblir. Sa voix avait failli se briser au dernier mot. C'était fini. Il avait le sentiment de ne pas s'en être rendu compte avant. Et le dire était vraiment quelque chose d'horrible. Ça lui fit comme un coup sur la tête, et il commença tout doucement à se laisser entraîner au fond des eaux...

Et le silence qui suivit ne l'encouragea pas à se débattre...

- Je n'ai jamais dit ça...

Stop, arrêt, corps plus léger, et une mer qu semblait moins vouloir l'accueillir dans ses profondeurs...Mais aucun geste pour autant. Juste un espoir qui revient, après être reparti. Allez et retours catastrophiques...

- Mais puisque tu ne veux pas raconter, moi je le ferais...

Il se sentait minable. Ridicule. Il avait l'impression que Tom voyait à quel point il allait mal. À quel point il dérivait, perdu dans un océan infini...

Alors Parle Tom, parle. Parle et peut-être que tes paroles seront suffisamment fortes pour me faire remonter...

Il prit une profonde inspiration, et Bill eut la sensation de profiter autant de son oxygène que lui...

- On s'est rencontré ici, au lycée. Une rencontre juste banale...ça faisait longtemps que je l'avais remarqué, et j'avais l'impression que j'étais le seul.

Encore des putains d'images qui reviennent. Tellement qu'il en voit trouble...Ou alors c'est à cause des larmes qui envahissent enfin ses yeux...Il a l'impression que sa vie entière est suspendue à cet instant, que la plus infime des parties de son être est concentré sur ce qu'il va dire...Il est le juge. Il décidera de s'il doit vivre ou juste tenter de survivre.

- Je lui ai parlé, et il a mis un temps fou avant de me faire confiance.

Ouais, pour la foutre en l'air après, ça valait le coup...C'était peut-être plus excitant pour lui, il ne savait pas. Il ne comprenait pas. Ou du moins plus. Son ouïe était toujours sur concentrée sur ce qu'il disait, et les yeux toujours plus chargés d'eau...

- Ensuite, on a commencé à se voir en dehors du lycée. Je crois que c'était à cause de moi...Au fond, je n'assumais pas de vouloir sortir avec un mec...mais j'ai quand même finis par l'embrasser.

C'était un soir, il s'en souvenait parfaitement bien. Il pouvait presque encore entendre leurs rires, mêlés à la nuit qui commençait à tomber. Il voyait encore leurs yeux s'accrocher, pleins d'allégresse, pleins de malice, et bientôt surchargés d'intensité. Il sentait encore le temps s'arrêter, ou son c½ur battre plus lentement, ou plus vite qu'à l'accoutumée quand il avait vu Tom se rapprocher vers lui, ou encore le frisson qui l'avait parcouru quand il avait senti deux mains se poser sur ses hanches. Il avait encore en souvenir l'odeur que portait Tom, enivrante, rassurante...et surtout, il se souvenait parfaitement du goût qu'il avait senti sur ses lèvres, pour la toute première fois. Une drogue à laquelle il avait succombée les yeux fermées.

Et dont il était en manque...

La première larme coula sur ses joues. Mais personne ne la vit. Heureusement. Elle fut libératrice. Et il se sentit enfin redevenir lui-même...

- On a commencé à sortir ensemble à partir de ce moment, en secret. Je n'arrivait même pas à imaginer le dire à mes parents, alors aux gens du lycée...et pendant quatre mois ça a été parfait. Après, les gens au lycée ont commencé à vraiment se poser des questions. Parce que je ne sortais presque plus avec eux le soir, je n'avais pas touché une fille depuis quatre mois et ça s'est très vite su. Un soir, ils m'ont suivi.

Les yeux de Bill s'écarquillèrent. Quoi ? Suivi ? Quelqu'un était au courant ? Son c½ur battit étrangement vite, comme en cas de danger...

- On allait toujours au même hôtel, parce que j'avais trop peur d'aller chez moi ou chez lui. Et ils ont rapidement compris. Le lendemain, hier, j'ai vraiment rien compris ce qui m'arrivait. Ils m'attendaient tous devant chez moi. Ils m'ont directe prévenu qu'ils savaient tout...Je...Je me suis senti incroyablement seul...C'était ma plus grande peur, qu'ils découvrent tout. Et ça se produisait. J'étais terrorisé en fait...

Manque de souffle. Ce n'était plus une question de se noyer ou pas. C'était une question de compréhension...Il ne voulait pas le regarder, mais c'était juste par manque de courage cette fois-ci.

- Alors j'ai fait une grosse connerie, j'ai nié. J'ai dit que c'était faux. Ils m'ont pas cru une seule seconde. Mais ils ont joué le jeu. Ils m'ont demandé de le leur prouver. Je sais même pas ce qu'ils en pensaient réellement, mais je m'étais tellement mis en tête que ce serait une catastrophe si quelqu'un l'apprenait que je ne pouvais pas penser à autre chose. Alors je...je l'ai fait. J'ai couché avec Nina le soir même...Et quand on s'est réveillé, il y avait des photos de nous par terre...Au tout début, je pensais que c'étaient eux qui les avaient prises. Alors le premier réflexe que j'ai eu, ça a été de me sentir soulagé...Immédiatement après je...J'ai pensé à Bill...

Bill qui a ce moment là, crut qu'il allait exploser. Il ne savait plus quoi penser. Il ne savait plus qui croire, que faire, qu'imaginer...Il se sentit incroyablement seul...Seul et perdu...

- à ce moment là je pensais vraiment pas que ça pouvait être lui, mais après réflexion, c'était évident qu'il soit déjà au courant...On devait se voir la veille, donc il m'avait sûrement attendu juste à coté de chez moi...et ils nous avaient sûrement vu arriver...Je l'ai compris en allant au lycée. Et ensuite, j'ai vu les photographies accrochées au casier...Et mes potes, qui savaient tout, ils ont essayer de m'empêcher de voir. Je pense qu'ils avaient compris aussi. Et puis, Bill est arrivé, il m'a fait clairement comprendre que c'était lui, et surtout que c'était fini...

Un immense soupire s'échappa des lèvres de Tom. Un soupire surchargé de tristesse...

- Et puis voilà...En fait, tout ce qui est arrivé, c'est de ma faute, pas de la sienne...

C'était ce dont Bill essayait de se persuadé depuis la veille. Que tout était de sa faute à lui. Mais là, quand c'était Tom qui le disait, il n'arrivait plus du tout à le croire...

Le discours était terminé et personne dans la salle ne semblait s'en remettre. Surtout pas Bill. Cette fois-ci, la tornade lui était passée dessus, et il ne pouvait plus rien faire. Il se sentait surtout incroyablement con. Stupide, idiot, et tout ce qui va avec.

Il avait fait tout ça...tout...c'était lui le coupable. Réellement lui.

- J'y crois pas...Tom pédé qui sort avec un mec en cachette...en fait, t'as couché avec moi uniquement parce que t'es qu'un putain de lâche...
- Tu devrais t'en remettre, c'est pas comme si c'était la première fois que ça arrivait...Et pour ton information, un pédé quand il sort avec quelqu'un, c'est généralement avec un mec.

Bill fut surpris lui-même de pouvoir encore parler. Mais il avait l'impression que pour elle, il aurait toujours quelque chose de tranchant en réserve.

- Très bien, maintenant que vous en avez entendu suffisamment, vous allez faire quoi de moi monsieur le proviseur ? De toute façon, c'est pas la peine de me renvoyer, je partirai dans tous les cas, j'vous emmerderai plus comme ça...

Il ne se rendait pas vraiment compte de ce qu'il disait. Mais qu'importe. Et puis il avait presque l'impression de faire enfin quelque chose de bien. Il avait besoin de calme. Il avait besoin d'être vraiment seul. Il avait besoin de choses simples mais que personne ne lui avait jamais accordées..

Il se demanda un instant ce qu'il allait devenir, ce qu'il allait faire, où il allait aller...Toutes ces questions qui avaient toujours été emprisonnées au fond de lui-même. Il en avait toujours tellement eu peur. Il avait toujours été tellement trop seul pour les affronter...

Il avait l'impression d'arriver au terme d'une histoire trop sombre. Il ne savait pas vraiment si l'issue en était claire ou pas, et il était trop paumé pour s'en soucier.

Tout s'embrouillait. Il sentait qu'il était sur le point de fondre en larmes. Trop.

Il était trop fatigué. Vous connaissez, vous, les fatigues extrêmes ? Quand vous avez l'impression d'être à bout, de ne plus rien pouvoir supporter ? Quand tout vous parait insurmontable et trop incertain pour être tenté ?

Tout s'enchaînait trop vite. Trop d'un coup, besoin de repos...Besoin de calme. Besoin de mettre un terme à une journée catastrophique. Allez tout droit en prison ne passez pas par la case départ et ne touchez pas les 2000 euros, passez y quelques tours et ressortez plus au point qu'avant.

Recommencer. Tout. Retour à la case départ et on prie Dieu pour avoir une meilleur donne qu'à la partie d'avant. Besoin de tout oublier. Tout. De revoir le monde gris et de se défoncer pour le colorer de nouveau.

Il avait besoin d'une seconde chance. Il ne savait pas où, il se savait pas vraiment comment, il ne savait pas pourquoi, il ne savait plus rien merde, foutez lui la paix.

Et il allait épuiser ses dernières forces pour l'obtenir, sa foutue dernière chance. Il n'avait plus de cartes en mains, plus rien, il n'avait plus que lui à donner, tout son intérieur...IL aurait vendu son âme au diable pour que tous ces trucs qui lui martelaient le cerveau s'arrêtent enfin...

Le festival touchait à sa fin et il l'avait bien défoncé...

Plus d'ordres dans sa tête. Juste un brouillard persistant...

- Je...Est-ce que...Vous voulez que j'appelle...vos parents ?

Il entendit de loin. De trop loin. Trop peu clairement.

Ses parents...Sa mère...

Sa mère...

Il se surprit à penser à elle. Il ne savait pas très bien où elle était en fait. La dernière fois qu'il l'avait vu, elle était pas loin de l'état dans lequel lui se trouvait là, maintenant, tout de suite....

À bien y réfléchir, sa mère avait toujours été ce qu'il était devenu en à peine une journée.

Sauf que lui, maintenant, il avait envie de rebondir.


Il avait envie de rebondir...

- Ouais et passez la moi...lâcha-t-il d'un ton désinvolte beaucoup plus concerné qu'il ne l'était en réalité.

Il ne fut même pas surpris quand le proviseur s'exécuta, d'un geste automatique. Il devait être paumé, lui aussi.

- Allô madame Niedermand ? Entendit-il. Oui ici le proviseur du lycée Bonne Espérance...Oui, oui le lycée de votre fils oui...Non...Non, madame ne vous inquiétez pas il va bien...Oui quelque chose dans ce genre là oui...Oui...Je pense qu'il vous expliquera mieux que moi madame...Oh non, bien sur que non ! Oui...attendez madame je...Je vous passe votre fils madame...

Et il lui tendit le combiné. Son expression était neutre. Tout était neutre. Ou indifférent. Ou alors c'était simplement lui qui n'en avait plus rien à foutre, il ne savait pas vraiment...

Il enregistra mentalement cet instant. L'homme en face de lui, qui lui tendait toujours le téléphone. Sa mère était au bout du fil. Il ne savait pas bien ce qu'il allait lui dire mais il était persuadé que les mots viendraient d'eux-mêmes. Il le sentait.

Il se sentait presque serein. Il ne sentait plus grand-chose, engourdi par une trop longue nuit, par une trop longue attente, et par une trop forte souffrance.

IL se rendit compte que c'était lui, qui était en échec et mat. La reine le piégeait par la gauche, le roi par la droite et la solide tour lui refusait tout retour en arrière. Il s'était jeté dans la gueule du loup pour lui bouffer les entrailles mais ses mâchoires s'étaient refermées sur lui...

Et, dans cette pièce fermée à double tour, il se sentit soudainement étouffer. La lumière semblait luire, dehors, et il avait envie de la sentir glisser sur ses doutes, sur ses interrogations et sur ses erreurs qu'il tentait déjà d'oublier.

Alors il saisit la clef de la sortie.

Il attrapa le combiné, et le colla contre son oreille.

Il n'entendit rien. Ou peut-être trop de choses. Le souffle de sa mère. Il l'entendait, le sentait presque. Il lui rappela qu'il avait encore un allier, un petit pion fidèle qui l'avait toujours soutenu au détriment de lui-même.

Il versa enfin la larme qu'il tentait de retenir depuis si longtemps.

Puis une autre suivit.

Et toutes les autres.

- M-maman...Maman c'est moi...sanglota-t-il.

Il sanglotait réellement. Il sanglotait comme sangloterait un enfant malade. Comme sangloterait un enfant qui a peur du noir.

- Je sais...je sais Bill, je sais....

Elle savait tout, il en était persuadé. Il la sentait, il la voyait briller dans son esprit, l'étoile qu'elle ne représentait plus pour lui depuis des années. Celle qu'elle redevenait. Il savait qu'elle pleurait elle aussi .

- Maman, Maman je rentre à la maison...et on se casse...chuchota-t-il d'une voix plus que brisée.

Sa main était moite sur le combiné.

- On se tire d'ici, on oublie et on recommence...

Il pleurait et ne pensait même plus qu'il pouvait paraître pitoyable. Tout ce qui comptait, c'était ce minuscule espoir. La dernière lueur qu'il en restait.

Le temps semblait passer trop lentement et trop rapidement à la fois. Il avait envie de tout envoyer se faire foutre.

Il n'attendait que sa réponse qu'il ne pouvait qu'imaginer positive. Elle n'avait pas le choix. Ils étaient trop enfoncé dans leur galère pour faire marche arrière.

- D'accord...D'accord je prépare nos valises...

Il leur accordait une seconde chance, à tous les deux.

Ce fut quelque chose de violent qui le secoua. Une grande vague. Une grande vague de souvenirs, de rires, de peine et de souffrance, de résignation, de bonheur et d'incertitudes, d'amour, de haine, de colère, de rage, de douleurs, et d'espoir...de quelque chose de nouveau qui lui secouait et auquel il s'accrochait comme on s'accroche à la seule corde qui nous maintient en vie...

Et puis...et puis plus rien.

- J'arrive...

Ça sonnait presque comme une promesse.

Il se leva d'un bon.

- J'arrive maman j'arrive...

Il balança le téléphone devant lui.

- Allez tous vous faire foutre et oubliez moi

Ce ne fut qu'un murmure et pourtant il aurait eu envie de le hurler.

- Allez tous vous faire foutre, répéta-t-il à peine plus fort.

Il pinça ses lèvres. Il ne savait plus très bien ce qui se passait. Il sourit tristement.

- Allez tous vous faire foutre.

Cette fois, ils l'avaient tous entendu. Les larmes ravageait ses joues et il n'en avait rien à foutre. Il Adressa un dernier regard à cette pièce trop sombre, trop dégueulasse et trop fermée à son goût. Il renifla une dernière fois, puis ouvrit la porte à la volée.

Ça claqua contre le mur, dans un bruit démentiel.

- Et allez tous vous faire foutre, répéta-t-il doucement.

Un long couloir s'étendait devant lui, plein de monde mais tellement vide. Ce n'était plus l'heure de le regarder, c'était trop tard. Ou alors si, observez le, tous, avec vos yeux accusateurs, et voyez dans le reflet des siens ce que vous l'avez fait devenir. Ce que toute cette foutue assemblée, ce groupe de merde avez modelé sans même vous en rendre compte, dans votre atelier de peur de la différence, dans votre culte de l'homogénéité et dans votre égocentrisme si peu digne.

Oui, tous, regardez le, parce que c'est la dernière fois que vous pourrez le faire.

Il traversa le couloir la tête haute, pour la première fois de sa vie. Ses pas résonnaient dans le couloir, donnant du rythme à cette sortie qu'il ferait avec toute la dignité que ses dernières forces purent rassembler.

Regardez mes amis, regardez la fin de Bill Niedermand, cet adolescent qui n'a jamais mérité vos regards qu'au moment où il a sombré à cause de votre indifférence.

Regardez, tous, et voyez dans son regard tout le mal que l'on peut faire sans s'en douter, ou sans vouloir s'en rendre compte.

Regardez, vous, garçons et filles au destin solide, et admirez son pas si certain alors que son sol n'est qu'un fil mal fixé à des centaines de mètres au dessus d'un fond sans fin.

Regardez, et appréciez, assistez au renouveau d'un homme qui a eu la force de s'en sortir sans vous.

Entendez le son de ses pas, qui résonnent dans vos c½ur sur le même ton que celui de la culpabilité, respirez cette nouvelle air, ce nouveau départ et souvenez vous en quand les temps seront trop durs.

Même la plus sombre des nuits aboutit au crépuscule.

C'était la fin rien et le début de tout.

Le début de cette journée neutre et grise, qui n'attendait que les couleurs qu'il était décidé à apporter.

La fin de cette nuit bien trop noire...




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Je suis...Un peu en retard ? (a)

Ok, Ok, je suis tellement en retard que vous avez toute eu le temps d'oublier cette petite histoire dont la fin est imminente.

Ne reste qu'un épilogue.

Ne m'en veuillez pas, je ne sais pas ce que vous penserez de cette partie, différente et semblable aux autres en même temps.

J'écris vraiment cette fic sans but, et sans aucune idée de la phrase suivante. Je découvre les mots en même temps que mes doigts les écrivent. Je suis un fil conducteur dont je ne vois pas le bout en m'aidant de la musique que j'écoute au même moment.

En gros, je suis très surprise de me retrouver devant cette sorte de fin qui n'en est pas vraiment une...Je crois que je l'aime bien quand même.

Ow, je suis perturbée moi je trouve.

Donc, reprenons sur un ton plus approprié. ^^

Je ne sais pas ce que vous allez penser de ça. Je pense pas que ce soit le genre de...Fin de partie ? Bref je pense pas que vous vous attendiez à ça. J'espère ne pas vous décevoir.

Vous allez certainement me dire... « Mais...Et Tom ? » et bien...Je pense qu'il n'avait pas trop sa place là. J'ai voulu faire en sorte que Bill ( Je supporte pas de parler de mes personnages comme de véritables personnes... --' ) se sente tellement paumé qu'il ait besoin de tout abandonner. Comme quand vous en avez trop marre d'essayer de construire un château de cartes qui se casse la gueule xD, on a parfois besoin d'un pause pour y revenir et y arriver...

Dans la dernière partie, et fin, j'expliquerais mieux tout ce qu'il se passe, ce qu'il s'est passé et ce qu'il se passera certainement...Je ne pouvais pas le faire ici, parce que ce n'était pas le moment d'expliquer le pourquoi du comment...

Vous me...suivez ? ( XDDD désolée, mais c'est l'expression favorite de mon prof de maths et il fallait absolument que je la sorte. U.U )

Sinon, il se peut que ce soit de la grosse merde cette partie, étant donné que je subie en ce moment une accumulation de fatigue comme jamais je n'en ai ressentie...Et comme toujours quand je suis crevée, j'ai besoin d'écrire ( Vous avez jamais senti vous que quand on est fatigué, toutes nos émotions sont décuplées ? )

Bref, je vous laisse ici, et je m'attelle à la suite de Kaulitz-vs-love-vs-tief ( J'ai du retaaaaaaaaaaaard partout !!).

Je ne sais pas quand arrivera la fin, j'en suis désolée.

Désolée pour l'attente.
Désolée même si je ne pense pas vraiment devoir le faire...

Je vous aime, vous toutes qui serez encore là...

# Posté le lundi 10 novembre 2008 06:18