Coucou !!

Coucou !!
Bonjour tout le monde !!

Bienvenue ici !

Je ne m'attarderais aps trpo sur les présentation hein ?

Voilà juste une fic, nouvelle...

A vos avis !!

Je préviens tout de suite, que je suis longue à poster...désolée par avance !

# Posted on Sunday, 03 February 2008 at 8:34 AM

Partie 1

Partie 1
La nuit lui paraissait tellement noire, peut-être encore plus que d'habitude. Il laissa échapper un léger rire ironique, un rire sarcastique, froid. Il releva les yeux un très court instant. Oui elle était noire. Tout simplement noire. Aucune étoile. Un autre rire s'échappa de ses lèvres, tellement vide de joie qu'il aurait pu faire peur. Il se pinça les lèvres. Il sentait ses yeux le picoter bien trop. Il les essuya avec rage, comme si tout était de leurs fautes à eux. Il en avait marre. Putain de nuit. Putain d'yeux de merde ! C'était de leur fautes à eux. C'était des enfoirés. C'étaient eux qui lui avaient montrer ça. Et maintenant c'était eux qui voulait pleurer ? Ah non.

Il se mit brusquement à courir, peut-être trop vite, il s'en contrefoutait. Dans la nuit. Encore ce rire sans joie, sans vie. Un rire nerveux peut-être. Il s'arrêta brusquement, fixant un point devant lui. Il ne s'était jamais autant détesté de sa vie. Oh non jamais. Comment pouvait-on être aussi con, ridicule, minable...C'était pas possible. Il aurait aimé se gifler lui-même. Mais ses mains refusaient de lui obéir. Et elles avaient bien raison...Si seulement elles avaient pu ne pas l'écouter pendant les trois mois d'avant ça aurait été tellement génial ! Pff...il cracha par terre, de dégoût.

Mais le pire...le pire c'était quand même cet...ha, il n'arrivait même pas à trouver le mot. Cet enfoiré de première. Cette enculé profond, et il en savait quelque chose. Ses dents ses serrèrent presque par réflexe. Un enfoiré oui. Con, stupide, manipulateur, monstrueux, lâche, minable, prétentieux, con, con, con...enfoiré...Avec des putains d'yeux...Putain ils les haïssaient tellement ces yeux...ses yeux.

Une larme de rage s'échappa des siens.
Non pas une larme de tristesse, ce n'était pas vrai ! Ce n'était pas une larme de tristesse...lui triste ? Pour un enfoiré pareil ? Pff.

Il se remit à courir...Courir, toujours plus vite. Il se détestait tellement. Il le haïssait tellement. Lui. Il accéléra encore.

Il arriva près d'un hôtel...Ce putain d'hôtel, où il avait perdu sa putain de virginité avec un putain d'enfoiré. Ses yeux lançaient des éclairs, sûrement pour ne pas laisser échapper une once de tristesse. Il avança très rapidement vers la standardiste. Elle le reconnut, lui lança un sourire rayonnant...Il n'était pas d'humeur...et dire qu'il avait adoré ces sourires à une époques. Lui aussi en faisait...et l'autre aussi. Un sourire hypocrite de merde ouais...mais pourquoi est-ce qu'il n'avait rien vu ?! Il arracha littéralement les clés que la potiche de service lui tendait...

Il regarda la chambre...forcément...Elle lui avait donné celle-là. Il éclata d'un rire terrifiant dans les couloirs...Un rire glacial qui rebondissait contre les parois et lui revenait, transformant sa haine en rage. Il connaissait le chemin par c½ur...Mais il le trouvait beaucoup plus sombre qu'avant...Il avait perdu son coté féerique...Il lui semblait lugubre, sale. Où alors c'était lui...Il sourit diaboliquement...Oui c'était sûrement lui...Une envie de vomir lui secoua les entrailles. Il détourna son regard des tableaux accrochés à ce couloir minable...ils tombèrent sur la porte de chambre qu'il cherchait...

Il n'hésita même pas, ce n'était pas le moment. Il entra en deux secondes et se retrouva face à lui-même, dans un immense miroir. Tout redevint calme dans sa tête. Un calme presque malsain. Il en frissonna...Il entra dans la chambre, d'un pas tellement léger qu'il semblait porté par des ondes maléfiques...Il regarda tout autour de lui avec dégoût. Ses yeux était peint d'une rage tellement folle qu'elle s'apparentait à une folie plus que meurtrière...

Il aurait tellement voulu le faire souffrir, le rendre fou, autant que lui l'était...il ferma les yeux une fraction de seconde pour les rouvrir aussitôt...une image...Lui...dans une salope qui lui a servi de vide-burnes ce soir...Et dire que la soirée d'avant c'était son cul qui avait servi à ça...

Pris d'une montée de rage soudaine il lança la table en bois contre l'immense miroir de la pièce. Il n'entendit même pas le bruit qu'il faisait. Il voyait juste son reflet se décomposer en un millier de reflets, brisés...Comme lui.

Une seule pensée encore nette...le faire souffrir...Autant que lui souffrait en regardant tous ses reflets brisés qui volaient en éclats autours de lui...
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Voilà !! en fait c'est assez flou au début je sais... xD je l'excuse déjà de vos quelques incompréhensions... :p

# Posted on Sunday, 03 February 2008 at 8:36 AM

Partie 2

Le jour se levait. Il s'en étonna presque. Retrouver un peu de clarté après une nuit pareille lui semblait presque impossible. Il était assis en tailleur, dans la chambre, les mains posées sur ses genoux, dans un imitation presque parfaite d'un moine bouddhiste. Il regarda le premier rayon de soleil franchir la fenêtre qu'il n'avait pas pris la peine de fermer. Mais il n'illumina pas son visage. Encore moins ses yeux...

Il n'avais pas dormi. Pourtant aucune trace de fatigue ne se reflétait sur une quelconque partie de son être. Sa rage canalisée lui donnait une énergie bien plus forte que n'aurait pu lui en donner une nuit de sommeil. Un immense rictus apparu sur son visage, le rendant presque laid. Il avait l'impression de posséder un force surhumaine. C'était peut-être le cas. Il avait réfléchi...Oh oui il avait réfléchi...Toute la nuit...

La vengeance était un plat qui se mangeait froid non ? Un rire glacial franchit ses lèvres....Il se releva doucement, défiant toujours le soleil de ses yeux de ténèbres. Il ne jeta aucun autre regard à l'endroit où il était. Il retira les quelques morceaux de verre, toujours plantés dans son bras, qu'il n'avait pas pris la peine la d'enlever la veille après avoir réduit en morceaux l'immense miroir...

Il ramassa son sac, ferma la porte et redescendit. Il jeta la clef à la réceptionniste, sans un seul coup d'½il. Ses pas le dirigeaient, sans même qu'il ait besoin de réfléchir. Il se sentait porté par un force qui le dépassait presque. Au moins il n'avait plus besoin de penser. Au moins il n'avait plus besoin de souffrir.

Il était encore tôt...ils dormiraient encore. Après la nuit qu'ils avaient passé...Il fut presque prit de nausée. Ses pas étaient beaucoup moins rapide que la veille. Non il n'avait plus besoin de courir. Les faibles courent, fuient... Lui avait été assez faible pour le restant de ses jours. Il arriva très rapidement devant la maison qu'il recherchait...il n'y était pourtant jamais entré, ayant toujours attendu dehors. Ça allait être sa première fois...

Son visage se tordit dans une grimace de dégoût...Ne pas penser à ces mots-là. Première fois. Pff. D'une démarche silencieuse, rapide, digne d'un grand professionnel, il entra, presque sans s'en rendre compte...Son sens de l'orientation le guida devant une porte fermée, qui ne le resta pas très longtemps d'ailleurs.

Ce qui se passa ensuite se passa rapidement. Il n'avait pas besoin de rester dans la même pièce que son ex-amant entièrement nu. Il préféra garder un regard vide, comme pour ne pas enregistrer dans sa mémoire ce qu'il allait voir. Il souleva la couverture des deux tourtereaux encore endormis qui ne sentirent rien, dévoilant ainsi leur nudité.

Il sortit son appareil photo, pris plusieurs clichés sous tous les angles possibles, accentuant certaines parties intimes de leurs anatomies...Il ne prit même pas la peine de les recouvrir et partit, aussi vite qu'il était entré, aussi vide qu'il était entré...

Il savait exactement ce qu'il faisait. Il savait qu'ils pourraient même porter plainte contre lui...mais ça il s'en contrefoutait. Lui ne pouvait-il pas porter plainte pour mensonges à répétitions, manipulations, conneries, promesses en l'air ? Non ? Alors la justice ne servait à rien.

Son oncle travaillait dans une grande chaîne qui imprimait des magazines. Il avait les clefs. Il entra rapidement, personne ne travaillait, ça lui faciliterait la tâche. En moins de temps qu'il n'en fallait pour le dire, les photos étaient dans l'ordinateur, imprimées par centaines, et même découpées à la bonne taille. Il avait l'habitude.

Il les ramassa toutes, pris soin d'effacer toutes ses traces et ressortit. Il fut tout aussi rapidement arrivé à sa prochaine destination. Il n'aurait jamais cru retourner au lycée de si bonne heure un lundi matin. Il s'était fait faire des doubles, sans que personne ne le sache. Les caméras ? Il savait comment les désactiver. Il sourit doucereusement en entrant...

Il ne ressortit qu'une heure plus tard. Il lui restait encore du temps. Sa montre indiquait 6h00. Avec de la chance ils ne serait pas encore réveillés...Il avait gardé quelques clichés exprès pour eux. Il se dépêcha de retourner devant cette grande maison, devant laquelle il avait passé des heures à attendre. A attendre comme un con attendrait un autre con. Tant pis pour le deuxième...

Il entra tout aussi facilement. Ils avaient du être sacrément pressé pour ne pas prendre la peine de refermer la porte derrière eux...Combien ? C'était l'une des questions qu'il se posait depuis la veille...combien de filles ? Avec combien de filles s'était-il foutu de sa gueule ? Pareillement à ce qu'il avait fait une heure plus tôt, il entra dans la grande pièce bleue, où deux amants dormaient encore et toujours. Il lança sur eux tout ce qui lui restait dans les mains et parti...

Une jouissance plus forte qu'il n'en avait jamais ressentie montait doucement en lui. L'envie de voir ce qui allait se passer ensuite. L'envie de le détruire lui aussi...Ce sentiment de haine. Une haine tellement profonde qu'elle avait forcément été créée par un sentiment encore plus fort...Un sentiment de merde qui ne servait à rien, à part à faire souffrir des mecs comme lui qui n'avait jamais rien demandé. Il ne voulait même plus prononcer ce mot....il y avait tellement cru. Comme un con. Et oui. C'était bel et bien un mec con. Il ne trouvait pas d'autre adjectif...

Con, abrutit, aveugle, idiot, naïf...Amoureux. Il en cracha de dépit. Oui il avait été amoureux oui ! Amoureux...tout se résumait en un seul mot : con .

Mais qui était le pire dans cette histoire ? Lui ? Le con qui avait cru en des mots magnifique qui le transportaient dans un autre univers ? Ou l'autre, qui avait profité de sa connerie pour lui dire ses mots hypocrites qu'il savait magiques...

Les deux.

Mais il s'en voulait suffisamment. Alors c'était l'autre qui paierait...


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Partie deux aujourd"hui...j'attendrais d'avoir un commentaire pour mettre la suite..voir si quelqu'un lit quoi... :p

Bref à vos avis...

# Posted on Sunday, 03 February 2008 at 8:38 AM

Partie 3

Partie 3
Il marchait, tranquillement, un sourire aux lèvres, son sac sur l'épaule. À cet instant même rien n'aurait pu laisser penser le chaos intérieur dans lequel il était plongé. Tant mieux...tant pis ? Il secoua la tête, marchant d'un pas rapide pour une fois. Une curiosité lui nouait les entrailles. Une curiosité malsaine, il l'admettait. Et il s'en contrefoutait tellement que ça aurait pu en être inquiétant.

Ses pas le menèrent enfin devant le lycée. L'attroupement massif de tous les élèves à la porte fit bondir son c½ur d'excitation. Il retint comme il put un sourire mauvais. Il continua à avancer, sans chercher à croiser le regard de personne. De toutes façons, personne ne faisait plus attention à lui. Et ça l'arrangeait bien. Il se posa conter le mur, un genoux replié, le pied posé contre la paroi de béton. Les écouteurs blancs accrochés à ses oreilles auraient pu faire penser qu'il n'entendait rien de ce qui se passait autour, si seulement son I-pod avait été allumé...

Il n'avait pas besoin d'un quelconque bouchon pour empêcher le tumulte assourdissant qui régnait de parvenir à ses oreilles. Toujours vide...c'était tellement plus simple de ne rien ressentir du tout plutôt que de se faire souffrir inutilement...Il attendait. Les portes n'allaient pas tarder à s'ouvrir. Quand il était entré, quelques heures plus tôt, le ménage venait d'être fait. Personne ne serait repassé...Tout serait resté en état...

Son c½ur battait un peu plus vite. D'envie. Une envie de faire souffrir, arrivant tout droit des enfers où il semblaient être plongés. Tout le monde arrivait, petit à petit. Il n'avait jamais compris pourquoi ils arrivaient tous tellement en avance...ou pourquoi les portes ouvraient toujours si tard, selon le point de vue...

Il était donc là, contre son mur, seul. Tentant probablement de se convaincre que ce terme ne l'atteignait pas. Il avait toujours été seul. Toujours. Il était habitué. Il n'avait besoin de personne. Il était beaucoup, beaucoup mieux ainsi.

Mots, phrases, tellement répétés qu'il finit par y croire.

Douce illusion...

Il commençait même à s'impatienter. N'ouvririont-ils jamais à la fin ? Cette question qui en cachait une autre, Arrivera-t-il enfin ? Seul ? Accompagné ? Mais après tout, il s'en fichait non ? Oui. Complètement. Il s'en contrefoutait royalement. Pourquoi se soucier de la vie d'une blaireau abrutit ? Aucune raisons...aucune...

Et ce fut lorsque cette deuxième information l'eut totalement intégré à son tour qu'il arriva.

Il ne broncha pas d'une seul millimètre, détournant immédiatement les yeux ailleurs, ne voulant même pas lui accorder un tant soit peu d'attention. Mais ses yeux avaient eu le temps de remarquer sa solitude, à lui aussi. C'était tellement rare. À bien réfléchir il n'était jamais arrivé seul. Il avait toujours été accompagné de dizaines d'amis...Il était blanc également, comme apeuré.

Et lui ressentait tellement bien cette peur...au plus profond de lui-même. Il ne savait pas pourquoi, mais il sentait clairement qu'il crevait de trouille...et s'en était presque jouissif. Savoir que c'était lui. Lui qui n'avait jamais rien fait de mal à personne, de toute sa vie, qui avait toujours su courber l'échine, se soumettre, qui avait toujours vécu en dominé. Et bien maintenant c'était lui qui avait le dessus. Et il comptait bien en profiter un maximum.

Il soupira longuement, signe apparent de son ennuie. Il fallait que les choses bougent. Il avait tellement envie de voir ce qui allait se passer par la suite... Il n'était pas patient. Il ne l'était plus tout au moins...

Un grand bruit retenti. Une exclamation de soulagement collective. Elles avaient été longues à s'ouvrir aujourd'hui ! La Lacombe, à qui revenait la tâche, tous les matins, de laisser entrer ces jeunes assoiffés de savoir, et surtout de bonnes rencontres, était très en retard ce matin...

La masse compacte entra dans la cours dans un immense flot humain, qui ne s'interromprait probablement pas avant que la sonneries n'ait retentit.

Il fut l'un des premiers à entrer. Mais ses pas se faisaient lents, nonchalants, comme un chasseur qui à appuyer sur la gâchette...La balle était lancée, restait à savoir quand mourrait la proie...

Il poursuivit ainsi son chemin, détaillant sans les voir les murs gris qui encadraient la cour. Son esprit ne fonctionnait plus, remettant à ses jambes le soin de le guider. Les premiers élèves arrivaient vers les escaliers, qui montaient à la passerelle des terms. Il les suivit, de loin, un sourire noir se dessinant déjà sur son visage implacable. Il respira une profonde bouffé d'air, se sentant incroyablement léger...

Des cris retentirent. Des cris choqués. Des cris désabusés. Des cris surpris...Quelques étudiants sortirent en trombe descendant à toutes vitesses les marches qu'ils venaient de gravir d'un pas beaucoup plus mou et las.

Il ne s'en formalisa pas. Il continua sa route, presque sans les voir. Il finit par être presque embarqué sous le flots de tout le lycée qui accourait au lieu de l'incident. Il monta ainsi les marches, poussé par une vague trop puissante pour être résistible. Sa figure se chargea d'une moue contrariée...Il n'aimait pas être ainsi bousculé dès le matin. Il soupira fortement, ayant la ferme intention de faire comprendre ce message à son voisin de voyage improvisé.

Ils arrivèrent ainsi à la passerelle, long couloir orange, emplie de nombreuses fenêtres qui permettaient aux rayons du soleil de se refléter contre les casiers brillants de tous les scolarisés...Un endroit tranquille...

Si ce n'était les dizaines et dizaines de photographies, accrochées sur lesdits casiers, d'une homme et d'une femme, entièrement nu...Certaine ne montrant même que leurs parties génitales. D'autres que leurs visages. D'autres leurs êtres tout entier...

Un agglutination de population empêchait aux nouveaux arrivant de voir correctement la source de tous ces cris, à moins de ne se faire entendre par la force des poings. Tous avaient la même réaction. Choquée, peinée...

Sauf lui...

Mais lui, personne ne le voyait. Jamais...Il avait cru, un jour, que quelqu'un l'avait remarqué...Mais il s'était complètement planté. La preuve il l'avait devant les yeux, accrochés en exactement 46 exemplaires...

Personne...

Personne ne voyait son sourire amusé. Personne ne voyait son air si serein, qui contrastait furieusement avec les visages paniqués qu'ils abordaient tous.

Personne ne voyait à quel point il avait mal...


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Voilààà !
Donc flo tu voulais la suite, la voici !! Si c'est pas du luxe ça, d'avoir une fic à sa disposition !! Mdr
Merci de me lire, ça fait plaisir !
Gros bisous à toi !!!

et à toutes celles qui passent ici aussi bien sure...mais bon, comme y'en a pas vraiment énormément :p

<3

# Posted on Tuesday, 19 February 2008 at 2:51 PM

Partie 4

Le couloir était à présent empli de tous les étudiants du lycée. Les bousculades s'étaient amoindries. Les cris de stupeurs également. Tous regardaient sans les voir les photographies. Ils avaient tous reconnu les deux adolescents.

Soudain, un immense silence se fit. Puis des chuchotements fusèrent de toutes parts, les têtes se tournèrent toutes au même endroit, sur un point dont il n'arrivait pas à saisir l'importance.

Et enfin, il comprit. Son attention se fit beaucoup plus poussée. Ses yeux frétillèrent d'excitation, de curiosité...Il était arrivé. Il avait du être alarmé par la bruit de la foule. Il avançait lentement, comme s'il pressentait ce qui allait se passer. Les uns et les autres s'écartaient, le laissant passer, l'alarmant encore plus.

« Tom tu...tu ne devrais pas aller lus loin » murmura quelqu'un.

Le brun, appuyé contre le mur, ne retint qu'à grande peine un soupir de mécontentement...Attendre certes, mais ça commençait à être un peu trop long quand même...

Il vit le blond ouvrir de grands yeux d'incompréhension, devant les regards inquiets et compatissants qui le troublaient. Il s'arrêta un instant, essayant sans doutes de comprendre ce qui se passait, agitant encore plus un autre jeune homme, qui se retenait comme il pouvait de se perdre dans l'impatience qui le submergeait petit à petit.

Le silence était maintenant devenu lourd. Un malaise persistant, une atmosphère gênée qui devenaient étouffants...Et ce fut dans cette ambiance accablante que le blond recommença à avancer, sous les regards de plus en plus chargés de mise en gardes silencieuses des autres élèves.

Le brun se redressa, voulant savourer cet instant comme il se devait. Un frisson d'excitation le parcouru quand il vit qu'il ne restait qu'une seule personne qui faisait barrage entre sa victime et son exécutoire. Il voulait savoir. Il voulait voir sa réaction. Son esprit nourrissait des rêves malsains où cette proie tombait à genoux, paniqué, gêné dans sa pudeur, maudissant, rageant contre lui...souffrant... c'était tout ce qu'il voulait. Le voir souffrir.

Une partie de lui pourtant, lui hurlait que ce qu'il faisait était mal, lui criait que ce qu'il voulait, ce n'était que son bonheur...Et il savait qu'elle avait raison. Le seul problème venait du fait que c'était cette partie de lui qu'il haïssait désormais. C'était cette partie de lui qui le faisait lui souffrir. Et c'était elle qui était enfermée à triple tours dans son enveloppe vide. Un vide protecteur.

Et enfin, la dernière personne, après un dernier regard de dissuasion, se décala.

Il cru que son c½ur cessait de battre. C'était tellement excitant...Il retenait avec difficulté son sourire carnassier. Il aurait voulu rire... Son regard se fixa sur l'expression que prendrait le visage du blond... Une attente encore plus délicieuse...

Un visage vide. Ce fut la première chose qu'il vit apparaître. Ça lui rappelait vaguement quelque chose. Peut-être son lui intérieur...Puis ce vide laissa place à son contraire, un trop plein. Un trop plein de sentiments, d'émotions, d'incompréhensions, de questions, de conclusions désastreuses...Il vit son visage se décomposer, au fur et à mesure que son c½ur se serrait malgré lui. Il sentait, au plus profond de lui, ce que ressentait le blond. Il ne se l'expliquait pas, ça avait toujours été comme ça.

On aurait dit que le monde entier avait suspendu son cours. Personne ne bougeait. Personne ne parlait. Tous les regard fixés sur un seul et même être, qui lui aurait voulu disparaître à tout jamais. Honte, gêne, malaise, inquiétude, désarrois...Tellement de choses en même temps. Trop à en juger par ses yeux qui étaient maintenant emplis de larmes, pour la première fois depuis de très très longues années.

Ces gestes se faisaient pleins de désespoirs....Il arracha toutes les images, les déchirait sans faire attention, s'obstinait, voulait juste garder le minimum de pudeur qu'il lui restait. Enfin c'Est-ce que l'autre pensait. Il était bien lui, toujours contre son mur. Toujours souriant. Peut-être plus calme qu'auparavant...

Il regardait juste, ne voulant pas s'avouer qu'il était pris d'une puissante montée de culpabilité. C'était toujours ainsi non ? On faisait, on faisait...Et on regrettait après...Mais ça lui faisait tellement de bien à la fois. Il en avait besoin. Et il n'en avait même pas encore assez eu. Il sourit diaboliquement, et se détacha tel un félin de cet appui froid et gris...il s'approcha de Tom. De cet être qu'il avait tant admiré, qu'il avait tant regardé, qu'il avait tant aimé...il s'approcha de lui au moment où, il le savait, ils étaient tous les deux au plus profond du gouffre...Il voulait juste entraîner le blond dans sa chute...

Il soupira un grand coup, détachant pour lui le dernier cliché encore accroché. On ne voyait que leurs têtes, qui reposaient paisiblement, sûrement épuisé...et cette photo lui fit encore plus de mal que si l'on avait vu tout le reste. Parce qu'elle ne semblait montrer qu'un couple amoureux. Qu'un couple uni. Un couple qui brisait le sien, qui réduisait son c½ur, qui le submergeait de honte...et qui ravivait les derniers charbons d'une rage presque assouvie...

-Sincèrement je vois pas de quoi tu te pleins...t'es très photogénique mon c½ur...dit-il en souriant.

Mais ce n'était pas un sourire normal. C'était un sourire trop plein d'ironie, de haine, avec une voix toute aussi tranchante, froide, assassine...Et il s'en foutait, que les autres comprennent ou non. Ce n'était plus son problème. Ce n'était plus son c½ur...ce n'était plus rien...tout comme lui...

Le blond se retourna vivement vers lui, dans un sursaut sidéral. Il blêmit encore plus si c'était possible, reconnaissant les yeux noirs qui étaient posés sur lui. Des yeux qu'il avait vu plein de tendresse et qui étaient maintenant tellement durs.

-B-Bill...dit-il avec effroi après un court silence.
-Oui c'est moi...c'est surprenant que tu te souviennes de moi hein ?

Un voix tellement grinçante que toutes les personnes présentes sans exceptions en tremblèrent. Ils ne comprenaient pas. Il ne comprenaient rien de ce qu'il se passait. Pourquoi Tom et cet homme brun parlaient ensemble ? Pourquoi ce même homme leur faisait si peur, à eux tous ?

-C-C'est...c'est pas ce que tu crois...

La réponse fut un éclat de rire. Un rire qui résonna dans tout l'étage, comme le bruit d'une scie qui coupe en deux morceaux un morceau d'os humain...Mais il avait tellement mal. Il aurait tellement voulu, pour la première fois depuis la veille, il aurait tellement voulu fondre en larmes, écouter ses explications,, ses excuses, et le croire...Alors pourquoi il n'y arrivait plus ? Et pourquoi une autre partie de lui n'avait absolument pas envie de lui pardonner ? Et pourquoi tout était si difficile ? Il était perdu..

Parce qu'il avait retrouvé ses yeux...

Il finit par arrêter de rire. Mais son c½ur battait toujours aussi étrangement. Trop vite et tellement lentement...

-Ah oui ? Et qu'est-ce que je crois d'après toi ? Hein ?

Il soupira un très long moment, feignant avec habileté un ennui profond...Mais tout ce qu'il voulait, c'était exploser de rage. Tout lâcher. C'était trop lourd. Et ensuite, sombrer dans ses bras pour se consoler...pathétique...

-Ce que je pense, c'est que tu es l'une des plus grandes pertes de temps de tout ma vie...

Il sourit, un fois de plus. Un sourire qui cachait sa gorge nouée. Et ce fut sur ces paroles qu'il se retourna et s'en alla, se dirigeant vers la première salle de cours, ne courant pas, d'une pas qu'il aurait abordé toutes les autres journées de toute sa vie. Son demi-sourire restait présent sur ses lèvres...Mais au fur et à mesure qu'il avançait, il se sentait faiblir. Il n'avait pas dormi, pas mangé. Et il avait perdu toutes son énergie. C'était tellement dur de se battre contre soi-même, tellement épuisant...

Il marchait toujours, ne sachant pas très bien où il allait en fin de compte. Ne sachant plus très bien si ça en valait encore la peine. Sa tête tournait. Il était de nouveau vide. Plus de rage ni de tendresse, plus de déception ni d'espoir, plus d'envie de vengeance ni de pardon, plus de haine, plus d'amour...

Juste cette putain de tristesse...

Son corps tout entier qui ne pouvait plus faire un quelconque autre sentiment était occupé à créer de la tristesse. Son estomac se contractait pour elle, son esprit se déchirait pour elle, sa gorge se nouait pour elle, son nez reniflait pour elle, son torse se secouait de spasme pour elle...ses yeux pleuraient pour elle.

Tristesse.

Pourquoi ? Pour lui...Il n'avait plus cette rage en lui, il n'était plus déçu, il ne voulait plus se venger...Il ne pouvait plus le haïr...Il n'avait plus la force de rien...

Il se rendit pas compte qu'il était arrivé machinalement aux toilettes, qu'il s'était enfermé dans une cabine et qu'il pleurait toute les larmes de son corps. Il ne se l'autorisait pas pourtant. Mais il ne contrôlait plus rien...Oui il était triste. On peut croire que c'est une émotion légère. Mais quand il n'y a plus rien avec elle, elle est désastreuse.

Il lui avait tellement donné. Il lui avait donné tellement de tendresse, il y avait tellement cru, il aurait tellement voulu pardonner...il l'avait tellement aimé...

Et maintenant, son c½ur pleurait pour lui...

# Posted on Sunday, 16 March 2008 at 3:07 PM